
Pour sa cinquième édition, la Montée Historique du Maquisard s’est offert une nouveauté : la pluie ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce dimanche 15 août a été marqué par de véritables trombes d’eau s’abattant dans la région de Spa. Des conditions exécrables qui auraient miné le moral de plus d’un organisateur, mais du côté de la Royale Ecurie Ardennes, le sourire était malgré tout de rigueur. En effet, ce sont plus de 120 concurrents qui se sont présentés ce matin sur l’aire de départ, prêts à affronter les 2340 mètres d’une côte désormais célèbre, reliant le hameau de Marteau au Monument du Maquisard Inconnu, à La Reid.
Toujours plus fort, un public nombreux a affronté les hallebardes pour assister à un immense festival de travers et de pirouettes, qui n’aura finalement occasionné que peu de dégâts, si l’on excepte la Vauxhall Magnum 1977 de Benoît Galle, sévèrement chiffonnée en fin de journée. Un public de passionnés de spectacle, mais aussi de voitures anciennes, comme le veut la tradition dans la région, qui a pu apprécier à leur juste valeur les passages répété de Robert Eyben, engagé de dernière minute au volant d’une superbe Aston Martin Grand Prix de 1925, dont les évolutions dans le cadre aquatique du Maquisard 2010 ont suscité l’admiration. Que dire alors de la Chevrolet Corvette 1959, dont la sonorité du V8 de 5,7 litres résonne encore dans la côte… Parmi les plus anciennes, on pointait encore la Peugeot 203 de l’inévitable et fantasque Georges Chalsèche, qui évoluait en qualité de voiture ouvreuse, la Porsche 356 B de Michel Adam, la Hillman Imp de Pascal Collard, la Ford Anglia de Jean Dejardin, ou encore la véritable Renault 8 Gordini de Vincent Delhasse.

Ex-æquo !
Inaugurée l’an dernier, la Montée en Or est un exercice chronométré qui apporte une touche de piment à ce qui reste une grande démonstration. Une joute non obligatoire qui a néanmoins récolté un franc succès, et qui devait aboutir à une Super Finale en bonne et due forme, réunissant les 10 pilotes les plus rapides au terme de la Montée en Or.
Est-ce la magie du Maquisard ? Ou simplement le hasard ? Quoi qu’il en soit, au terme de ces deux montées contre le chrono, Jean-Pierre Van de Wauwer (Lancia Beta Monte-Carlo 1975) et Tony Kevers (VW Golf 2 GTI 1984) étaient crédités du même chrono, au centième de seconde près : 1’33’’24 ! Comme il est de coutume lors des épreuves historiques, c’est la plus ancienne des voitures qui était déclarée lauréate, en l’occurrence la Lancia du Verviétois… « Quelle belle journée… malgré cette météo détestable, commentait l’ami Vande. Ma voiture continue de bien progresser, et par rapport à l’an dernier en pneus slicks, je n’ai perdu que 3 secondes dans la montée sous la drache ! Une fois de plus, l’organisation a été parfaite, et avec le coup de pouce d’Eric Marnette, qui officie régulièrement comme copilote à mes côtés, nous avons permis à de nombreux invités de découvrir les charmes de la côte pour voitures anciennes. Je suis super content de gagner, et je tiens à féliciter Tony pour sa performance… »
Un Tony Kevers se plaignant d’un léger manque de punch d’une VW Golf 2… qui semblait pourtant accélérer comme un avion. Le citoyen d’Aubel a néanmoins été récompensé de la coupe revenant au pilote le plus rapide du jour, hors coefficient d’âge du véhicule.
Auteur du troisième meilleur temps absolu, Bernard Cornet évoluait au volant d’une VW Coccinelle 1973 propulsée par une mécanique issue d’un bloc 2,4 litres initialement destiné au Combi VW. Il était dès lors renvoyé dans la classe PH SR, et n’était pas retenu dans le classement officiel concernant les seules classes PH 15, 16, 17 et 18.
Les honneurs de la plus petite marche du podium général revenaient dès lors à Bernard Lamy, une nouvelle fois étincelant au volant d’une redoutable Volvo Amazon 1966. Le top 5 était complété par deux artificiers de la propulsion, en l’occurrence Johnny Delhez (Ford Escort RS2000) et André Lausberg (Opel Kadett GT/E), séparés par… 53 centièmes de seconde au terme de la Super Finale ! Chaud devant…

Mustang, Alpine, Manta… et Escort
Si les différentes classes sont tombées dans l’escarcelle de Réginald Togaert (Peugeot 205 Rallye, Cl.15), Grégory Penders (Toyota Corolla, Cl.16), Jean-Pierre Van de Wauwer (Lancia Beta Monte-Carlo, Cl.17) et Eric Nandrin (Renault 5 GT Turbo, Cl.18), il convenait de souligner la très belle performance de Raphaël van der Straten, venu affronter les spécialistes locaux au volant de sa superbe Ford Mustang 1967 idéalement chaussée… pour le sec ! Le très enthousiaste responsable de l’équipe VDS Racing Adventures a surpris une première fois tous les observateurs en se propulsant dans le top 10 à l’issue de la Montée en Or. Et il ne s’arrêtait pas en si bon chemin, se classant finalement au 8ème rang absolu, pour ce qui n’était que sa deuxième apparition au volant de cette Mustang très puissante, mais pas facile à maîtriser, surtout sous la pluie. Chapeau !
De belle progression, il en était également question pour Daniel Reuter, qui découvrait les joies du pilotage d’une Alpine A110 Gr.4 1970, propriété d’Hervé Dykmans, le responsable de Garage Passion. L’habituel pilote de la Porsche 914/6 a fini par trouver ses marques, tout en veillant à ne pas dépasser les limites de cette ex-voiture officielle. Et l’ami Daniel y a pris goût !
Quant au jeune Liégeois Harry Bouillon, qui s’illustre dans le championnat de Belgique des rallyes en Classe N2 (il devrait être titré à l’Omloop van Vlaanderen), il a effectué ses premiers pas en ancienne au volant d’une Alfa Romeo Giulia 1965, et promis, juré, on le reverra à ce niveau de compétition !
Pour être complet, signalons encore que le Prix du Spectacle a été décerné à Michel Querinjean, expert dans l’art de faire virevolter l’Opel Manta. Il devançait à l’applaudimètre Sébastien Gillis (BMW 325i) et Maxime Hebrant (Opel Manta). Quant au Roi de l’Escort, titre hautement important au Maquisard, il s’agissait cette année d’OIivier Querinjean, le frère de l’autre, qui a devancé Emmanuel Beckers et Johnny Delhez.
A l’issue d’une remise des prix forcément animée, Robert Vandevorst, responsable de la Royale Ecurie Ardennes, ne pouvait que fixer rendez-vous à la mi-août 2011, pour une sixième édition qui devrait réserver de nouvelles surprises… « Le succès est là, l’aspect démo sera bien sûr conservé, mais pour le reste, nous allons continuer de cogiter, conclut Robert. Cette année, nous avons dû refuser plus d’une quarantaine de concurrents, ce qui me chagrine assez… A nous de trouver une ou des solutions pour faire encore plus d’heureux. Et cette fois, nous n’oublierons pas d’inviter le soleil ! »
Com.: Vincent Franssen


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